E'Ville Avenue du Kasaï



29 Juillet. Notre séjour à Nzilo se termine.Tandis que le 2e peloton escorte donc les prisonniers, le 3e peloton est rappelé à E'Ville. Le 1er peloton lui restera encore sur place pour assurer la garde des installations. Garde qu'elle remettra à la Cie 1Cycliste basée à Kolwezi.

La promesse qui nous avait été faite depuis longtemps allait se concrétiser. Le 3e peloton devait au passage récupérer à Jadotville des blindés Greyhound-M8. Six A.B. nous furent remisent contre le bon 108 traditionnel. Les habitudes n'étaient pas perdues.C'était une toute autre conduite qu'un Patton! Et nos chauffeurs, sans écolage spécifique, eurent bien du mérite à arriver sans pépin à E'Ville. D'autant plus que ces véhicules étaient dans un état déplorable.On garda les trois meilleurs et on céda les trois autres au camp Massart.Les mécaniciens accomplirent de petits miracles pour remettre ces A.B. en état. Chaque peloton en reçut un.


Avenue du Kasaï  

 




L'avenue du Kasaï rejoignait l'avenue Saïo , qui elle traversait toute la ville en longeant la gare, avant le passage à niveau en direction de La Munama et du camp Massart.




Nos nouveaux quartiers se trouvent dans le Lycée, avec une cour centrale et des bâtiments autour.On réorganise un peu l'escadron afin de le rendre opérationnel. Cet aspect n'avait évidemment pas été prévu au départ pour un escadron de marche.
Avec ces véhicules, maintenant, il faut créer une section maintenance, désigner des chauffeurs, des brancardiers, des opérateurs radio....
Nous retournerons à Kolwezi(700 km aller-retour) où deux jeeps en panne avaient été abandonnées. Toute une aventure, à trois avec un camion du Libération, son chauffeur et deux moteurs dans la benne. Sur la piste, il fallait être prudent!Le remplacement des moteurs était effectué à l'UMHK heureusement. L'aventure dura quatre jours.







Notre quartier était assez animé.Tous les jours un petit commerce se faisait sur le trottoir en face.


















Une vue de la cour.




La Luano
A tour de rôle, les 2e et 3e peloton monte de garde à l'aéroport.Le jeudi 4 août, visite de Mr Bunche, envoyé spécial de Mr H( Dag Hammarskjöld, secrétaire général de l'ONU). Nos hommes restent discrets, laissant la place à la gendarmerie katangaise. Mr Bunche, qui désire l'entrée au Katanga des troupes ONU, n'obtiendra rien et observera que les katangais sont déterminés.Directement après sont départ, l'alerte est donnée et toutes les pistes d'atterrissage sont bloquées: fûts d'huile, camions, engins de toutes sortes.

La tour de contrôle d'où on observait les émissaires de l'ONU et d'où furent prises de nombreuses photos .          


Le dimanche 7 août, nous recevons l'ordre de partir le lendemain pour Kitona d'où nous devions repartir pour la Belgique sur le "Kamina". Deux heures plus tard, alors que les bagages commencent à s'empiler, contre-ordre. Au contentement de tous, nous prolongeons le séjour.
L'Etat-Major de la 5e Brigade décide à ce moment d'organiser des patrouilles longues distances afin de rassurer les habitants tout en montrant notre présence. C'est ainsi que le 1er peloton fut désigné pour une mission de reconnaissance jusque Sakania à la frontière Rhodésienne.







Les voici à la mission de Mokamba.







                                                                                                              

Improvisation pour passer un obstacle - Accueil chaleureux à la frontière Rhodésienne.


Lundi 8 août

Le conseil de sécurité de l'ONU décide l'accès de ses troupes au Katanga.



  Jeudi 11 août

Mr H vient à E'ville. Nous prêtons nos Greyhound à la gendarmerie katangaise afin de faire une démonstration de force.Notre escadron se tiendra en retrait Il y a donc 5 AB sur la piste.Celle-ci est toujours encombrée d'engins divers. Tshombe désirait seulement palabrer et ce n'est qu'après palabres via la radio qu'il autorise l'atterrissage de H avec sa garde personnelle et fait dégager la piste. Oui, mais cette garde, composée de soldats suédois est déjà assez nombreuse. Une fois en place, deux autres avions suivent aussitôt et débarquent le reste de la troupe. Le coup avait été bien préparé. Le mal était fait. Nous tiendrons quand même encore l'aéroport avec des doublures Onusiennes.





En s'arrêtant devant le drapeau katangais, Tshombe force un peu Mr H. à le reconnaître







LA  FIN